Soft Opening

Spiaggia Libera

en Projets Artistes
Paris Location - currently closed I Marseille Location - Visit by appointment only
Soft Opening
2026
Soft Opening
  • Kévin Bray
  • Soukaina Joual
  • Gaby Sahhar
  • Marilou Poncin
  • Jack Warne
  • Nina Boughanim
  • Olivia Stora

Soft Opening

25.04 → 25.07

Après plusieurs mois d’interruption, la galerie rouvre ses portes avec « Soft Opening », une exposition conçue comme une reprise en douceur. Pas de thème directeur, pas de récit imposé : une constellation d’artistes qui ont façonné la galerie, accompagnée de nouvelles contributions. Entrez à travers leurs pratiques, déplacez-vous d’une œuvre à l’autre, laissez les liens se tisser. Une série de rencontres centrées sur les artistes viendra animer l’exposition au fil du temps. Une façon de prendre un nouveau départ.

Chacune des pièces réunies s’apparente au fragment d’une exposition réalisée avec la galerie, dans son ancien espace parisien, lors de ses premiers projets marseillais ou hors-les-murs. Elles retracent toutes à leur manière une part de l’histoire de Spiaggia Libera intimement liée à celle des différent·s artistes présent·es dans cette exposition.

Nina Boughanim

Une première occurrence de Belles plantes est actuellement présentée dans le cadre de l’exposition « Le sel de la terre » en Bulgarie. Dans celle-ci, l’artiste déploie une série de roses aux pétales faits d’ongles artificiels qui évoquent avec ambivalence la capacité des femmes à se défendre de même que leur caractère plantureux, encore renforcé par le titre de l’œuvre, issu d’une expression stéréotypée.

Kévin Bray

Le travail de Kévin Bray déploie un univers hybride où le corps, le paysage et l’objet fusionnent dans des compositions saturées et instables. Ses images convoquent à la fois le surréalisme et l’imagerie numérique contemporaine, mêlant textures organiques, fragments anatomiques et symboles culturels. La tension entre nature et artificialité se manifeste dans ces formes mutantes, oscillant entre séduction visuelle et étrangeté troublante. Chaque tableau fonctionne comme un écosystème fragmenté, où circulent des flux — liquides, énergétiques ou informationnels — suggérant un monde en transformation constante. Cette série avait été présentée lors du premier solo de l’artiste à la galerie en 2023.

Soukaina Joual

Le projet Female Gaze, montré pour la première fois à la galerie dans le cadre de la foire Investec de Cape Town, porte sur la perception du corps féminin au fil du temps, à travers les cultures et à travers l’histoire de l’art. Elle puise ses sources dans la sculpture grecque, le dessin et la peinture de la Renaissance, les manuscrits enluminés persans, indiens et islamiques. Dans la plupart des sociétés arabes, la représentation des êtres vivants est interdite, et ainsi les corps des personnages saints sont souvent visibles, mais leurs visages sont recouverts d’un voile. Ici, dans ces miniatures, l’artiste essaie de créer un sujet en utilisant des nus des peintures classiques de la Renaissance et des photos de l’anatomie humaine. Les miniatures représentent de multiples corps féminins nus superposés dans diverses positions – debout, couchés, accroupis, assis – conférant aux différentes scènes une sensation d’images en mouvement. Les corps des femmes sont dépeints dans un état de nudité, que ce soit en groupe ou en couple où ils apparaissent dépouillés et exposés dans un moment d’intimité.

Marilou Poncin

Le travail de Marilou Poncin interroge la représentation du corps féminin à l’ère digitale, entre exposition et construction de soi. Cette série de pièces, produites pour certaines lors de sa participation à Art-O-rama en 2024, qui signait les débuts de la galerie à Marseille, mettait en lumière un dialogue constant entre réel et virtuel, tangible et fantasmé. Son autoportrait, présenté au premier étage, devient un point d’ancrage autour duquel gravitent céramiques et dessins, formant un ensemble à la fois intime et critique. Les images qu’elle mobilise, issues autant d’archives pornographiques que de ses propres captures, brouillent les repères temporels et esthétiques. En déconstruisant ces iconographies, l’artiste questionne les normes du désir, de la féminité et les mécanismes de fabrication de l’identité contemporaine.

Gaby Sahhar

Présenté à de multiples reprises à la galerie, le travail de Gaby Sahhar utilise le registre spéculatif pour révéler la fragmentation de l’identité palestinienne sous contraintes psychologiques et physiques. La tête de mannequin, que l’on retrouve à deux reprises dans l’exposition, incarne une figure affranchie des frontières et des catégories fixes. La palette bronze, or et argent, associée à une imagerie impérialiste, évoque le soleil du Moyen-Orient tout en opérant une défiguration critique de cette culture. Son travail aborde la migration et les logiques d’assimilation forcée. Entre références à la tradition picturale occidentale et détournement symbolique, ses œuvres articulent une tension entre héritage et résistance.

Olivia Stora

Céramiste de formation, Olivia Stora développe une pratique centrée sur la sculpture et l’installation. Elle élabore des formes aux usages incertains, aux références volontairement instables, nourries par une attention portée aux circulations, aux forces invisibles et aux cycles du vivant. Son travail met en jeu le dialogue entre gestes techniques et matières premières, afin d’interroger les liens complexes qui unissent les humains à leur milieu. En déplaçant les cadres de perception, elle fait vaciller les distinctions entre naturel et artificiel, connu et étranger.
Les objets qu’elle produit se présentent comme des indices autant que des questions ouvertes. Ils convoquent des temporalités entremêlées — de l’histoire naturelle aux récits humains — tout en se projetant vers des formes d’avenir possibles. Une vision traverse sa recherche : celle d’un monde originaire où les empreintes humaines se confondraient avec les dynamiques mêmes de la nature. Sa démarche s’ancre dans l’exploration des matériaux et des transformations qu’ils subissent. Elle porte un intérêt particulier aux phénomènes de mutation liés à la cuisson, moment où la matière se reconfigure et révèle des états intermédiaires. Loin de toute dimension décorative, ces expérimentations constituent le cœur actif de son travail. Elles ouvrent des espaces sensibles qui invitent à une expérience à la fois attentive, interrogative et empreinte d’étonnement.

Jack Warne

Produite pour la foire Artissima en 2024, Hasas Reeps Tino Het Rimmor est issue d’une photographie réalisée par l’artiste. Elle représente une facette d’un même souvenir peint à deux reprises. On est ici en présence d’une part de ces deux œuvres jumelles. Il en est de même pour My Defold Ear Teems Your Etinar, produite lors d’un séjour en Sicile et révélant une vue microscopique saisie au travers d’un paysage sur place. Ces fragments déplacés évoquent des impressions éphémères, une mémoire visuelle que l’artiste tente de saisir. Dans ces deux pièces, l’ajout de filtres en réalité augmentée intensifie cette exploration des textures et des teintes, permettant au public de découvrir différentes temporalités à travers des rythmes perceptuels contrastés, rapides et lents, qui se rencontrent et s’opposent.